Mémoire Vive .tv

Nouveaux usages, nouveaux médias, technologie, société et vidéos mobiles










août
18
2005

Les beaux et les normaux

PICT6763_pt.jpg

À quoi reconnaît-on un riche d’un pauvre ? Allumez votre télé, feuilletez vos magazines. Le riche est bien habillé, des couleurs harmonieuses, total look de la fashion victim. Le pauvre est mal coiffé, ses vêtements mal taillés. Il y a d’autres différences. À quoi reconnaît-on une vedette d’un inconnu ? La vedette a une coiffure et un maquillage impeccables. L’inconnu de la rue a une allure ingrate.

On peut appréhender la ligne de partage des eaux troubles. Au journal télé, le costume du présentateur est sur mesure, il est classe et maquillé. Son invité de plateau tout autant. D’ailleurs, preuve de sa grande valeur, il a précisément le droit de le rencontrer et d’être aux côtés du présentateur. Quant aux gens de la rue, eux visibles dans les reportages sont sans fards, parce qu’ils sont réalistes. Ils racontent des histoires, pleurent, s’énervent, tirent la tête. Leur quotidien sert de décor à cette télé picorant leurs morceaux de vie. C’est une poule qui a des dents. Les inconnus vivent les malheurs qui justifient leur passage télé, comme témoin à cette heure de grande écoute.

Considérez la silhouette d’une vedette et d’un inconnu. La vedette est mince, si c’est une femme souvent trop. L’inconnue est ronde. La vedette a les moyens. Pourtant, elle ne paye pas ce qu’elle porte, on lui prête ou on lui donne. Ses muscles sont fermes, elle a son coach particulier pour sa gym quotidienne. Son bronzage donne à sa peau un léger aspect doré, même en hiver. Elle part en vacances dans des coins ensoleillés, faute de temps dans une cabine UV, une séance ou deux par semaine. Sa coiffure est étudiée pour donner l’illusion du désordre calculé, le maquillage faussement invisible. L’inconnue est pauvre et achète aux prix forts ce qu’elle porte, elle mange, elle est pâle, la mine triste. Si c’est une mère au foyer, elle aura un physique déplaisant, et son tourbillon quotidien l’enfermant dans la prison de la figure maternelle. La vedette si c’est un homme n’a pas de calvitie. Sa chevelure rayonnante lui procure l’aura de puissance. Son sourire est carnassier. Son regard séducteur est viril. Les dents trop blanches sont alignées comme des touches de piano. La vedette ne porte pas de lunettes de vue, sauf si elle veut paraître intello ou pro. Elle sourit à demi, son regard irradie, en coulisse, la pharmacie est ouverte 24 heures sur 24. La vedette prend aussi des poses très étudiées, elle connaît son bon profil, ne fronce jamais les sourcils, ça ride le front, ne rit jamais aux éclats. La vedette se donne du mal pour faire croire qu’elle n’est pas susceptible. Elle se prend au sérieux avec élégance et parle d’elle sans complexe, sa vie et ses névroses sont trépidantes, sa personne est passionnante. Sa thérapie scénique. D’ailleurs, les médias ne veulent pas qu’elle parle d’autres choses que de ces états d’âme, de sa vie privée, de ses ruptures, même s’ils arrivent qu’un réel coeur d’artiste pulse derrière cette photo figée. On ne lui tendra pas le micro pour contester l’industrie du cinéma, du disque ou de l’édition. On ne lui parle pas de ses inspirations, de sa vision du monde. Ni de son humanité, les vedettes ne sont pas humainement ordinaires. Elles ne disent pas ce qu’elles pensent, ça ne fait pas vendre.

La condition de vedette est particulière. Elles ont tendance à toutes se ressembler. Peut-être que les chirurgiens esthétiques courus leur fait choisir, leurs nouveaux nez, front, pommettes, paupières, lèvres sur un catalogue de saison ? « Tenez voici la collection printemps-été 2006 ». Lorsqu’un chirurgien est trop à la mode, toutes les femmes se ressemblent et tous les hommes aussi, leurs fronts sont tendus comme des cordes, leurs paupières semblent ouvertes à jamais pour ne jamais dormir et peut-être ne pas mourir. Si vous croisez une célébrité dans les rues parisiennes, vous remarquerez, qu’elle est retouchée, son visage a été redessiné pour la lumière cruelle de l’objectif, ce gros oeil indiscret et féroce. Certains ont des parties du visage momifié, certains autres totalement plastifiés, on les reconnaît à peine dans leur emballage. On ne veut pas qu’elles vieillissent comme nous. Puisqu’elles ne sont pas nous. Alors, la masse est cruelle avec la célébrité. Elle n’a pas le droit d’être fatiguée, triste, ridée comme les « normaux ». Il faut bien payer le prix de la gloire.

La perfection de l’apparence ne s’arrête pas là. Sur les unes de magazines, les photos sont retouchées à tels points que le grain de la peau s’évanouit, que la gomme numérique a effacé toutes les traces que le bistouri n’avait pu ôter. Le vécu est réparé. La peau est retravaillée repeinte, sa texture modélisée. La lumière est détournée. L’actualité se nourrit aussi de visages anonymes aussi sur les couvertures de magazine. Ce sera la photo-choc d’une catastrophe, d’un instant tragique, le portrait réaliste d’un inconnu. Là, les retoucheurs se contenteront de recadrer la photo pour laisser la place aux titres du magazine, retravaillent les contrastes, accentuent certains recoins du cliché. L’inconnu sera traité telle une matière brute. C’est ce que l’on aime chez lui, cette réalité crue, saignante et cruelle. L’inconnu n’a pas d’agent qui veille à soustraire les mauvaises photos ou négocier les coups de souris sur la palette graphique. Les stars, elles, ont leur maquilleur, leur photographe, leur chef opérateur, leur coiffeur particulier et aussi, leur agent, leur secrétaire, leur avocat. Une écurie entière au service de cette formule 1, la réalité filtrée. Les photos aussi de paparazzis sont de vraies-fausses. Pour preuve de leur réalisme « vrai de vrai », le grain de la photo est grossier, les silhouettes légèrement floues, les vedettes paraissent moins apprêtées, à certains égards un peu normales, mais pas trop, justes ce qu’il faut.

Il m’arrive de croiser des vedettes, toutes ne sont pas productions, certaines ont du charisme et sont plus belles que sur ces gravures de mode, mais elles sont rares. Vous avez remarqué comme on voit rarement dans la réalité, des hommes et des femmes beaux. Il y a d’un côté, les « beaux », de l’autre les « normaux ». On les appelle même « The beautiful people ». Une belle personne est observée. Elle ne peut qu’être une vedette ou représentant d’un pouvoir. Cette beauté préfabriquée et livrée en kit, construit une galerie olympique, des célébrités au-dessus des « normaux ».

La télé se nourrit de tout, après avoir créé cette frontière s’amuse à faire passer un inconnu au stade de célébrité et inversement, on adore les vedettes déchues. On peut diffuser l’avant, le pendant, l’après. On passe une séquence et en même temps ses coulisses, son bêtisier « enclenchez vos magnétoscopes » dit le présentateur. Les images ont le statut d’archives dès le mois suivant. Ces archives historiques jetables, on les repasse pour se rappeler le bon vieux temps. Le vieillissement des carrières éclair est accéléré, c’est une technologie issue des laboratoires des producteurs multinationaux qui amortissent leur concept sur la planète entière. Pour suivre la transformation de l’inconnu, on nous le montre toujours, qui présente mal, il est timide, maladroit, humilié. Au fur et à mesure, la magie des médias, l’a transformé en célébrité conquérante. Nouveau look, nouveau poids, nouvelle façon de se tenir, nouveaux amis, nouveaux amours, nouvelle vie, meilleure forcément.

Le bonheur est apparent dans ce royaume des reflets aux couleurs saturées, il est même hystérique, expansif, maniaco-dépressif. Si on costumait les beaux et les normaux de la même manière qui ferait la différence ? On ne pourrait distinguer les uns des autres. Sauf certains, ceux qui sont habités et qui transparaissent naturellement. Quelques pépites se cachent dans cette meute.

On explique aux « normaux » qu’il faut devenir “beau” comme les “vedettes”. On prend soin de ne pas fournir les codes secrets. On ne dit pas qu’être célébrité est un job à plein temps, on garde les secrets de fabrication. L’industrie modélise des images toutes faites, inaccessibles pour que les hommes et les femmes passent leur temps à s’y conformer en rêve, car l’éveil est leur cauchemar. On raconte que l’argent fait le bonheur. Que posséder résoudra tous les problèmes. Que consommer remplira le vide. Que l’amour s’achète et se vend. Que la solitude est un signe de pauvreté. Et le calme synonyme d’ennui. Si vous n’avez personne à qui parler, vous pourrez vous rendre sur un plateau, pour exprimer ce que vous avez à dire à tout le monde, à la France entière. Parce que ceux qui existent sont dans l’image. Sous les lumières, les « normaux » sont un peu « beaux », peut-être parce qu’ils sourient et paraissent un peu heureux, comme s’ils étaient invités à la fête qui a lieu là-bas dans cette belle maison posée sur les collines verdoyantes qui dominent la mer. Les ordinaires entre deux stations montent dans le train de l’extraordinaire et descendent à la prochaine. On ne donne que des échantillons. Le merveilleux est sous la lumière, il est commercial.

Ces « beaux », ces « vedettes » sont les nobles actuels. Chez les Romains, les Nobles étaient les personnes très connues, les fameux. Cette société anoblit des familles entières et leurs descendants. Ils n’ont ni le pouvoir économique, ni le politique. Ils sont les figures visibles de la société. On a le papa-vedette, on aura le fils et la fille-vedette. Parce qu’ils font partie de notre famille, ils ont grandi sous nos yeux, les petits dans la couveuse de nos écrans. Ils sont aussi à nous, qu’ils le veuillent ou non, c’est idem.

Ce système maltraite tout particulièrement les femmes avec une acidulée perversité. Le symbole de beauté qu’elles sont censées incarner a été conçu dans la tête d’hommes qui n’aiment pas les femmes, se souciant peu de leur souffrance. Elles n’ont pas le droit de manger, ni celui d’exister passer l’âge de 30 ans et encore. Les femmes sont condamnées à chercher à s’y maintenir tout le reste de leur vie. Le botox sera leur meilleur ami, une petite injection analgésique à la pause déjeuner, cela donnera un coup de fouet. Quand se révolteront-elles ? Pendant ce temps-là, les hommes s’en donnent à coeur joie, toujours plus beau, soignés, ils ne souffrent pas. Ils dominent toujours, gagnant la guerre des sexes, à tous les coups. Peu de femmes peuvent atteindre le niveau de ses figures chimériques façonnées par les hommes. Si elles l’atteignent, elles deviennent des icônes, des championnes, mieux des Reines. Les critères d’exigence pour une femme sont maintenus si haut que les autres femmes, majoritaires, semblent être des “hommasses” à côté d’elles. Tandis que les hommes qui valorisent leur défaut, si sexy, peuvent tranquillement faire accepter tous leurs travers à la société qui les valorise. Ils ont tous les avantages.

L’esprit est chassé à coup de représentations javellisées. Dans ce monde creux, les idées sont désertes. Les programmes politiques déprogrammés. Les Hommes ont soif. Ils ont aussi faim d’autre chose. La révolution n’aura pas lieu. Néanmoins, tout le monde le sent, le redoute ou l’attend comme une libération : le bogue est imminent. La matière combat l’esprit. Elle ne pourra tuer le souffle. Le matérialisme veut étouffer son adversaire, en contrôlant les sources d’inspiration, en maintenant une respiration artificielle, en créant un mouvement simulé d’expiration. Il prend les choses les expirant seulement. Quant à l’inspiration, le matérialisme n’est pas parvenu à la reproduire. Parce qu’il n’a jamais su répondre au pourquoi, là où pourtant, tout commence.

L’évolution humaine ne peut ralentir. Un frémissement amorcera la fissure. Il fendillera le mur des certitudes. Parce que le fluide se glissera dans ce monde sous vide, l’appel d’air produira un effondrement. L’esprit n’a pas dit son dernier mot. La matière ne peut pas se porter seule, elle a besoin de l’essence qui l’a soutient. Le souffle peut tout souffler. Ce vent s’approche de nous, il vient des étoiles.

Natacha Quester-Séméon,
Paris, Saint-Germain

Publié aussi chez “Les Humains Associés

photo : Reflets de nuit, Place Maubert, Natacha QS


  1. Gravatar de pascale pascale a dit
    le

    Chère Natacha, je vous trouve fort inspirée.

    Bigre, fais pas bon être pauvre dans ce monde !

    en même temps mieux vaut être un “vrai gens pauvre” qu’une coquille vide…….

    Que vienne ce vent souffle étoilé !

    :)

  2. Gravatar de Juliette Juliette a dit
    le

    Ce que vous dites est si vrai. Le pire est qu’on a beau être lucide sur la brutalité de cette société et de ses injonctions à la réussite, à l’exceptionnalité visible (être plus beau, plus riche, plus célèbre,…) il est fort difficile de s’en défendre, de n’en être pas complice, d’une façon ou d’une autre. La résistance, elle se fait individuellement, dans ces moments à soi que l’on vole au temps commun de la consommation et du prêt-à-penser. On ne se risque pas à formuler trop haut son refus et les forces nous manquent pour lui donner corps par l’action. Par exemple, cette tyrannie des apparences, à moins de fermer le poste, de jeter les journaux, de marcher en aveugle quand on sort dans la rue, je ne vois pas trop comment s’en affranchir. On s’en accommode, on s’y plie, on l’intègre parce que c’est vraiment compliqué de faire autrement. Et dans les moments où la vanité de cette société ,soudain, vous saute à la figure et vous devient insupportable, vous ne savez à qui dire votre ras-le-bol. La révolte se porte mal de nos jours, les idéologies du 20e siècle ont fait trop de mal et l”on est vite taxé d’idéaliste ou d’irresponsable. Le principe de réalité, c’est ce qui cimente tout aujourd’hui. Alors, faute de mieux, on chuchote sa révolte sur son réseau, sur son blog, comme une utopie, un rêve inoffensif, qui n’émergera jamais de la virtualité de la toile.

  3. Gravatar de elsa elsa a dit
    le

    Ouf! Quelle analyse!!! Merci pour cette plongée à la recherche de sens!!!

    ce qui m’interpelle le plus c’est la course éffénée où chacun(e) peut s’emballer, s’emballe, le plus souvent , sans s’en rendre compte. Une sorte de course infernale où il n’y a pas la possibilité de prendre ne serait-ce qu’une minute le recul nécéssaire pour dire stop au processus. Et se poser des questions.

    Ici une des choses que je trouve les plus absurdes dans la course à l’éternelle jeunesse c’est qu’en plus de faire des”mêmes” la chirurgie esthétique offre à voir assez fréquement un côté mort aux visages , la chair qui est transformée semble sans vie. Donc ce qui est donné à voir, c’est le contraire de ce qui est recherché!

    Bref, c’est passionant et terrifiant à la fois de se dire que nous sommes dans ce monde ci et qu’i est effectivement laborieux de combattre les stéréotypes dans lesquels souvent les hommes cherchent à nous mettre; Mais si nous sommes de ce monde nous avons, aussi la possibilité déjà de changer les choses à notre niveau!

    Un canon de beauté ca n’arrive pas tout seul et quand je vois à quel point le business est lié à la mode, à l’art il n’est pas étonnant que les critères imposés par l’argent soient à des kilomètres de la réalité de chacune… le but étant de nous faire consommer pour ressembler à… ce qui est irréel!

    il y a de quoi se perdre en chemin;o)

    Mais si chacune nous décidons de ne pas alimenter cette machine infernale, parceque nous pensons qu’il y a un sens à la vie, et que la valeur de l’être tiend à ce qu’il est plus qu’à ce qu’il possède nous avons alors la chance que l’utopie dont vous parlez Juliette peut devenir réalité ;o)

  4. Gravatar de Natacha QS Natacha QS a dit
    le

    Julie, oui, la résistance est forcément personnelle, puisqu’elle découle d’une prise de conscience individuelle. Il me semble que l’on peut s’affranchir de cette consumérisation qu’à travers une quête humaniste qui consiste à remettre l’homme au coeur de la société, en refusant que l’autre soit considéré comme une marchandise et/ou un objet. La révolte, si elle avait lieu, serait violente et destructive - mais aujourd’hui, dans nos pays, nous sommes si apathiques que presque plus rien ne nous fait réagir sauf s’il s’agit de touristes occidentaux perdus dans une catastrophe naturelle (Tsunami).

    Or cette transformation que l’on souhaite ne peut être violente. Je pense que les réseaux ne sont pas que virtuels. Ils peuvent être humains, puisqu’ils ont été inventés et sont alimentés par nous : ils sont notre reflet. Il n’y a donc pas de différence fondamentalement entre virtualité et réalité.

    Depuis, toujours, il y a eu des personnes qui ont résisté sans heurt ni bruit, à travers une résistance intérieure et poétique. Ce n’est pas une résistance qui s’oppose, me semble-t-il, elle essaie de rendre sans effet des actions dirigées contre soi. Être attentif aux autres, par exemple, est un acte de résistance.

    Le Manifeste Planétaire des Humains Associés, association dont je fais partie, dit entre autres ceci : “Nous oublions que le changement de cette situation dépend de la prise de conscience de chacun de nous en particulier.” Et l’essentiel est de “ne pas nous arrêter sur ce qui nous divise, mais chercher ce qui nous unit”.

  5. Gravatar de tatiana tatiana a dit
    le

    Très chère Natacha,

    J’ai particulièrement apprécié la finesse de l’analyse dans ton article, ainsi que sa profondeur. Tu dis que “l’esprit n’a pas dit son dernier mot”, j’ajouterai que c’est son absence qui permet un monde si vide de sens, où le seul recours reste “la fuite en avant”, le déni de la réalité ! Nous ne pensons plus le monde, nous ne pensons plus nous-mêmes, nous ne pensons plus… Nous ne faisons que consommer (tout et tous) dans la croyance insensée de Se perpétuer, de rendre éternel son propre nombril, narcissisme dévorant et aveugle !

    Cette recherche, désespérée de jeunesse et beauté, est le résultat d’une absence d’acceptation de soi-même et du monde, de l’absence d’amour en réalité !

    Chercher à transformer son apparence dans l’espoir d’être aimé, dans l’espoir de ne pas vieillir et ainsi stopper la mort, est la plus grande des illusions et ceux qui nourrissent cela commettent un crime contre l’humanité !

    Depuis la nuit des temps, on sait que l’on ne peut pas se refaire, mais qu’on peut Se parfaire, c’est-à-dire, s’accomplir en s’humanisant davantage. Oui, Natacha l’esprit émerge (il suffit de te lire) et avec lui le royaume de la quantité, de la compétition et de la vanité stérile, s’évanouira comme le sel dans l’eau. Car face a cette société de la vacuité, face à cette société désaxée, dans le silence des oratoires/laboratoires d’idées, œuvre une autre catégorie d’Êtres qui a compris que l’essentiel réside non pas dans le paraître, mais dans l’être : non pas dans la compétition, mais dans la coopération. Non pas dans le déni de la fragilité de la condition humaine qui conduit à la mort de l’esprit, mais dans compagnie de la philosophie qui leur appris que « philosopher c’est apprendre à mourir » - donc à vivre. Ne jamais vivre comme si l’on ne devait jamais mourir nous permet de vivre intensément, ici et maintenant dans l’éternel présent de l’essentiel.

    Philosopher, c’est comprendre que l’homme s’est dévoyé, que ce qu’il nomme la culture de la vie n’est, en fait, que la culture de la mort. Que privé d’esprit, livré à lui-même, le corps humain devient une momie d’où la vraie vie est absente.

    Tournée vers l’essentiel, sans pour autant quitter le monde des apparences, car c’est le regard porté sur les apparences qui a été transformé, ces Êtres perçoivent le Monde à travers une “perception tout amoureuse “. Et c’est alors que l’essentiel, jusque-là invisible aux yeux se laisse voir et (nous) dit que la vraie beauté est celle du cœur

    , plus précisément celle de l’intelligence du cœur .

    Que l’important, c’est d’aimer, s’aimer. Et que tout le reste n’est que demeure mensongère où la vraie Vie est absente !

    Humainement,

    tatihannah

    philosopher c’est apprendre à mourir - donc à vivre .

    […] Etre pour la mort = être pour la vie .

    Cicéron

  6. Gravatar de vrai fou vrai fou a dit
    le

    trop fort!

    est ce que les premisses du logi-ciel de correction? je crois que l’humanité a besoin d’un logi-ciel correctif

    pas de reformatage s.v.p nous voulons continuercar nous avons abolis les distances ( le net!)

    donc sommes prêts pour une difusion instantanée de l’ info

    hey sans nom tu attends quoi?

  7. Gravatar de Simone de Beau-Voir Simone de Beau-Voir a dit
    le

    SOS à la vie lancé à l’infinie ?

    Touchée

    Je ne pensais pas qu’un texte pouvait toucher autant. Le bon sens a commencé à s’insinuer en moi, à aplanir mes pensées désordonnées et à faire place à un grand calme.Tout espoir n’est donc pas perdu !!!

    Merci les filles .

    ah j’allais oublier ;-) la photo est superbe

  8. Gravatar de JC JC a dit
    le

    Hello Natacha,

    Merci pour cet article si juste.

    Et tiens, ca bouge chez les “normaux”… :-p

    Eloge de la laideur

    HAMBOURG (Reuters) - Les personnes dérogeant aux canons de la beauté possèdent désormais leur club en Allemagne. Le “Club des personnes laides”, fondé par la journaliste Regima Gasper et son mari Harald, s’est fixé pour objectifs de “célébrer la laideur et de libérer les autres personnes au physique plus ordinaire de l’espoir secret de devenir, elles aussi un jour, belles”. “Notre manifeste est le suivant : nous sommes laids mais nous ne sommes visiblement pas les seuls. Il est injuste que le monde soit gouverné par les gens superbes”, explique Harald Gasper. “Nous ne sommes pas hostiles à la beauté et nous ne voulons faire de la laideur un culte mais nous souhaitons avant tout que les personnes au physique désavantageux se sentent mieux et à l’aise avec elles-mêmes.”…

    http://fr.news.yahoo.com/07102005/290/eloge-de-la-laideur.html

    A bas la “grossophobie” !

    Extrait : “”Cette stigmatisation prend des proportions inouïes”, estime le psychiatre Gérard Apfeldorfer, créateur, en 1998, du Groupe de réflexion sur l’obésité et le surpoids (GROS). Pour lui, le succès de l’émission [”Mon incroyable fiancé”, sur TF1] n’a pas été une surprise, mais un signe supplémentaire de la recrudescence de ce qu’on appelle la “grossophobie”. Phénomène propre aux cultures occidentales, selon lui. “L’obèse est devenu le bouc émissaire de la société de consommation. Comme nous sommes honteux de consommer l’essentiel des ressources de la planète, nous reportons cette honte sur celui qui incarne le mieux ce ‘péché’, c’est-à-dire l’obèse, le super-consommateur.”…

    http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-692877,0.html

    JC

  9. Gravatar de Les Humains Associés Les Humains Associés a dit
    le

    Les beaux et les normaux

    Dans notre civilisation de l’image, il y a les riches beaux et les pauvres normaux. On explique aux “normaux” qu’il faut devenir “beaux” comme les “vedettes”. On prend soin de ne pas fournir les codes secrets. O…

  10. Gravatar de touto touto a dit
    le

    tu peux comment tu trove sex

  11. Gravatar de touto touto a dit
    le

    tu peux comment tu trove sex

  12. Gravatar de BERRIHA ABDERRAHMANE BERRIHA ABDERRAHMANE a dit
    le

    Bonjour, je suis un jeune Algérien, cherchant les emails des chirugiens pour une réduction mammaire (c’est unn grand probléme dotn je souffre)

    cordialement

Add A Comment